C’était la nouvelle de la rentrée : salariés et salariées, restez chez vous ! Vous avez sorti le champagne ou la corde ? Pour celles et ceux qui étaient plutôt du côté des barbituriques, voici quelques tips pour survivre jusqu’à… l’été ?

Il existe deux types de personnes. Celles qui pensent que le télétravail améliore la productivité, et celles qui pensent le contraire. Heureusement, pour trancher, des experts ont fait des études. Les résultats sont clairs : si le télétravail fait grimper la productivité de 22% (Le Figaro), il occasionne étrangement une perte de productivité rigoureusement équivalente (Le Monde). D’autres, plus mesurés, concluent que le télétravail, c’est bien un peu mais pas trop (BFM-TV). Et nous ? Restons modestes. Laissons les querelles scientifiques et constatons simplement que ça dépend. Le télétravail fait parfois du bien, parfois du mal. Et le contexte joue certainement beaucoup. Alors voici nos huit astuces, à destination des salariés comme des managers, pour mettre toutes les chances de votre côté !

#1 – Compartimenter votre journée

Le trajet bureau-maison sert de coupure physique et psychologique ; on abandonne plus facilement ses soucis, ses dossiers en cours, pour passer un bon weekend ou simplement une soirée de repos. Avec le télétravail, cette séparation n’existe plus : c’est à nous de la créer.

Ainsi, dans Management Today, le psychologue Wladislaw Rivkin explique que le télétravail implique plus de self-control, et que cet effort peut être épuisant à la longue… D’ailleurs, certaines études montrent que les salariés tendent à travailler plus longtemps et plus tard quand ils sont à la maison.

Pour éviter l’épuisement, il est donc indispensable de se fixer un emploi du temps et de s’y tenir. Cet emploi du temps doit indiquer à quelle heure commence la journée, à quelle heure elle se termine, et doit inclure une véritable pause pour le déjeuner (on ne déjeune pas en lisant ses emails, c’est de la triche). En s’habituant très tôt, l’auto-discipline deviendra bientôt une habitude, un réflexe, et n’exigera plus aucun effort de votre part.

#2 – Bien concevoir son espace de travail

Le télétravail multiplie par trois les risques de lombalgies. Pourquoi ? Parce que, libéré du regard et du jugement d’autrui, le salarié contemporain tend vers la patate, ou du moins, les postures patatiformes – sur canapé, de travers sur un pouf, en long sur le lit… Alors stop ! Hop ! Hop ! On se redresse, on réhausse son ordinateur, on se force à travailler sur un authentique bureau et sur une véritable assise – chaise, ballon sauteur, tabouret, siège ergonomique, c’est selon les goûts…

Par ailleurs, pour tous ceux qui le peuvent, l’idéal sera de se constituer un espace de travail dédié, séparé du reste du foyer. Par exemple, il n’est pas souhaitable de travailler sur la table de cuisine ; c’est plus sale et généralement plus bruyant. De plus, cela n’aide pas à vraiment compartimenter la vie professionnelle et la vie privée (voir astuce #1).

#3 – Faire des pauses, bouger et s’aérer

Plus de collègues pour suggérer des pauses café ? Pas d’escaliers sur le chemin des réunions ? Pas de déjeuner en ville ? Décidément, le télétravail nous rend plus sédentaires que nous ne l’étions déjà… C’est pourquoi l’INRS (Institut National de Recherche et de Sécurité) vous recommande d’effectuer un maximum de tâches debout, et même en marchant – par exemple les réunions et les appels téléphoniques. Par ailleurs, le même rapport insiste sur l’importance de prendre des pauses (au moins cinq minutes toutes les heures) pour limiter la fatigue visuelle.

#4 – Socialiser avec les collègues, malgré tout

“L’enfer, c’est les autres”, disait Sartre. Et Sartre avait tort – ou disons que l’existentialisme et la médecine du travail sont deux disciplines non miscibles l’une dans l’autre.

Car tous les psychologues sont formels : nous avons besoin des autres, de leur parler, de les voir… Et même, nous avons besoin d’eux pour nous plaindre. Une étude relayée par Science X montre qu’en parlant avec nos collègues, en partageant notre stress avec eux, nos performances peuvent grimper de 20%. Alors, même en télétravail, pensez à vous ménager des moments informels avec votre équipe et vos camarades de bureau. Pourquoi pas sur un espace dédié – par exemple un channel Slack ? Blaguez, pépiez, plaignez vous, échangez des GIF animés… C’est pour le bien de l’entreprise. 

#5 – Limiter les appels visios

Une visio, ça va. Deux visios, ça va… Mais il faut fixer une limite ! Car enchaîner les visios toute la journée nous rend littéralement fous. Les chercheurs ont même donné un nom à ce phénomène : la Zoom Fatigue

En cause ? Des contacts visuels trop longs et trop rapprochés, le fait de se voir soi-même filmé (ce qui nous met sous pression), la difficulté à se faire entendre, etc. Par conséquent, de nombreuses personnes se sentent épuisées, vidées, voire irritées après les réunions… Un phénomène assez préjudiciable s’il se répète cinq ou dix fois par jour. Conclusion ? Ne faites des visios que quand c’est absolument nécessaire ; c’est-à-dire (quand on y pense), presque jamais…

#6 – Changer vos méthodes de brainstorming

Le Scientific American est formel : les preuves s’accumulent, indiquant que le télétravail (complet ou partiel) est bénéfique à l’innovation. Mais alors, pourquoi les managers tendent-ils à croire le contraire ?

Parce que, nous disent les chercheurs, “la grande majorité des cadres ont voulu reprendre leurs méthodes d’innovation pendant les confinements, adaptant leurs approches de présentiel en organisant des visios synchrones.” Mais, comme ils ont pu le découvrir, la visioconférence offre un piètre substitut au brainstorming traditionnel… 

En fait, de nombreuses études montrent que le brainstorming à la papa (en présentiel) présente de nombreux défauts et que des méthodes alternatives peuvent largement le surpasser, comme par exemple le brainstorming virtuel asynchrone. Ce genre d’atelier créatif peut se faire grâce à n’importe quel outil collaboratif, sur le cours de plusieurs heures, voire plusieurs jours. Chacun participe quand il le peut, quand une idée lui vient. Pas besoin d’être tous réunis au même moment. Le brainstorming asynchrone donnera beaucoup plus d’espace aux introvertis comme aux personnes cérébrales qui préfèrent réfléchir seules et dans le calme. Résultats détonants !

#7 – Témoigner sa reconnaissance 

“Bravo.”

“Merci.”

“Bon travail.”

Voici le genre de phrase que nous avons tous besoin d’entendre, de temps en temps, sur notre lieu de travail. Et c’est encore plus vrai pendant le télétravail.

Selon une enquête menée auprès de 2000 américains (et relayée par Forbes),  ¾ des télétravailleurs affirment que leur santé mentale serait meilleure s’ils recevaient plus de gratitude. Malheureusement, ils sont 68% à se sentir démotivés dans la mesure où tout ce qu’ils font semble passer sous les radars…

Alors, pendant le télétravail, n’oubliez pas de faire des retours, des commentaires sur les productions des collègues. Faites leur sentir qu’ils comptent. Car ils comptent, n’est-ce pas ? Non ? Tant pis. Dites leur quand même – question de santé publique.

#8 – Appliquer la pensée positive

Votre grand-mère avait raison : faut pas trop s’en faire, dédramatiser, voir le bon côté des choses… Et puis surtout, penser à bien manger, à bien dormir…

Cette sagesse ancestrale est peut-être encore plus valable dans les moments difficiles et perturbants, comme les confinements. Alors chaque jour, rappelez-vous que le télétravail a plein d’avantages objectifs – et qui sait, peut-être qu’un jour, il vous manquera ! Savourez donc le fait de dormir en moyenne une heure de plus par jour, d’éviter la galère des transports aller-retour, de passer plus de temps avec vos proches, d’être plus productif sur les tâches créatives (voire Psychological Science) ou les missions techniques (un sujet abordé dans Time Magazine). Et puis, pensez printemps : ça donne la patate ! À défaut d’en devenir une…

À lire aussi