Le neuf a fait son temps. Place à la seconde, la troisième main, le recyclage et le réusage. Dans la mode, la dernière tendance, c’est l’ancienne collection ! Et pour aider le grand public à s’y mettre, quatre garçons dans le vent ont créé il y a 18 mois Freepry, une appli’ qui permet aux professionnels du vêtement de se lancer facilement dans le commerce d’occasion.

Un “corner” géré grâce à Freepry, dans une boutique traditionnelle.

C’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures chaussettes

La fripe n’est plus seulement une affaire de branchés ou de fauchés. Cette année, près d’un Français sur deux aurait acheté un vêtement d’occasion (si ce n’est toi, c’est donc ton frère). Une proportion qui aurait doublé en dix ans, finissant par représenter un marché d’un milliard d’euros. 

Cet engouement s’explique pour deux raisons. L’une heureuse, l’autre malheureuse. La malheureuse, c’est que la crise et la baisse du pouvoir d’achat poussent les ménages à faire des économies. L’heureuse, c’est que les mentalités changent et que la conscience écologique s’enracine. Les nouvelles générations souhaitent consommer moins, et plus intelligent, pour préserver les ressources de la planète. Ce phénomène touche le monde entier et tous les pans de l’économie ; pour l’immobilier ou l’automobile, par exemple, le secteur de l’occasion dépasse désormais celui du neuf.

Pour le textile, ce n’est pas encore le cas. Mais le temps presse, car c’est la deuxième industrie la plus polluante derrière celle du pétrole. En consommant des quantités astronomiques d’énergie, d’eau, de surfaces agricoles et de substances chimiques, la fabrication de vêtements pèse chaque année jusqu’à 10% des émissions de CO2 dans le monde… Alors, avant qu’on se retrouve à poil, on s’habille d’occasion ?

Quatre copains, une appli’

Le problème, c’est que le marché de la fripe est pris d’assaut par les plateformes en ligne. On ne les cite pas, vous les connaissez déjà. Du coup les magasins physiques, petits ou grands, se vident. Et nos centres-villes avec. De plus, chiner sur le net, ça pose quelques problèmes. Thibaut, l’un des co-fondateurs de Freepry, s’en est rendu compte pendant ses années étudiantes. “J’étais souvent déçu, à cause de la distance. Tu ne peux pas essayer, vérifier la taille… Quasiment 20% des articles que j’achetais, je ne les mettais pas. Et puis quand j’ai voulu revendre, j’ai fait face à d’autres problèmes : il faut négocier, faire un colis, le poster, récupérer un prix très faible pour un délai de vente super long…”

Alors, en mars 2020, Thibaut profite du confinement pour monter un projet avec trois amis rencontrés sur les bancs de la fac. “On s’ennuyait dans nos CDI. On s’est dit : créons du sens.” Pour fournir un service pertinent, les quatre camarades contactent des dizaines de boutiques afin de mieux connaître leurs problématiques. Pourquoi ne se lancent-elles pas déjà dans la seconde main ? Parce qu’il est difficile de fixer des prix, d’attirer les clients, de tracer les produits… Thibaut conclut : “On s’est dit qu’une techno pouvait répondre à ces enjeux”.  E que s’apelerio Freepry.

Les quatres jeunes à l’origine de Freepry.

Une appli pour les pros avant tout

Sortie en septembre 2020, Freepry propose aux grandes enseignes comme aux petits indépendants de se réapproprier le marché de la seconde main. L’application permet de créer puis de gérer un dépôt-vente au sein du magasin ; autrement dit, une boutique seconde-main dans la boutique de première-main (un corner, pour les anglicistes). Pour le gérant, l’application facilite bien des choses. Elle suit le stock, fixe le prix de chaque pièce en temps réel, et quand un produit est vendu, le client qui l’a déposé reçoit automatiquement un e-mail avec la rétribution prévue – un bon d’achat ou de l’argent cash.

La fripe vaincra !

L’aventure de Freepry ne fait que commencer, et pourtant… La petite entreprise incubée chez makesense tourne à plein régime, avec déjà 160 boutiques partenaires partout en France, et plus de 15 000 vêtements vendus en quelques mois. Les 4 associés travaillent désormais à temps plein, recrutent des stagiaires et prévoient même une levée de fonds d’ici la fin de l’année… De quoi permettre à la fripe de quitter sa niche économique pour gagner le grand monde. Thibaut, en tout cas, ne manque pas d’idées : “Ce qu’on veut développer, maintenant, c’est une interface pour les consommateurs. Ils pourront localiser les boutiques où l’on achète ou vend de la fripe, voir les offres en cours… La fripe existe, mais trop peu de gens sont au courant !” Mais vous, vous savez, n’est-ce pas ?

Rentrée littéraire : Freepry sort son livre blanc

Vous travaillez dans une boutique de vêtements et vous aimeriez vous lancer dans la seconde main ? Fort de son expérience, l’équipe de Freepry vient de publier un guide truffé de conseils pratiques où vous trouverez : 

  • les différentes façons de faire
  • des témoignages de clients
  • les conseils à suivre et les points à ne pas négliger

Tout est résumé là, dans le Livre Blanc de Freepry.