À quoi aurait ressemblé l’enseignement à distance pendant le confinement sans la technologie ? Parce que le  numérique peut réduire la fracture éducative, favoriser l’égalité des chances et renforcer l’attractivité de certains territoires, la Banque des territoires lance passerelles, le premier accélérateur EdTech à impact opéré par makesense.

Tout parent de collégiens a forcément une fois dans sa vie (ou même carrément plusieurs fois par jour) pianoté sur l’application Pronote pour connaître l’emploi du temps, les devoirs ou les notes de sa progéniture. Fini la convocation à la réunion parents-profs oubliée dans le cartable ou les exercices non faits sous prétexte de « ah bon mais le prof ne m’a rien dit ». Avec 3,41 milliards de connexions en 2020-2021, l’appli fédère aujourd’hui toute la communauté éducative et est le parfait exemple de ce que la technologie peut apporter de bon aux acteurs de l’éducation : les élèves savent où ils en sont, les parents sont rassurés et les enseignants ont un point de vue plus large sur leurs élèves. « On pense souvent que le numérique vient remplacer l’humain, mais dans les faits il est surtout là pour l’aider, explique Rose Lemardeley, responsable du pôle éducation à la Banque des Territoires, direction de la Caisse des dépôts et consignations qui a investi dans Pronote. À l’instar de ce service de vie scolaire, le numérique a des applications concrètes qui peuvent aider l’école, l’idée n’est pas de supprimer les profs, au contraire il s’agit de leur faciliter la tâche. »

Code de bonne conduite

Particulièrement concernée par l’enjeu du numérique au service de la pédagogie pour tous, la Banque des Territoires vient de créer passerelles, le premier accélérateur des Edtech à impact opéré par makesense. Cet accélérateur prévoit d’accompagner une dizaine de projets qui non seulement s’adressent à l’ensemble des publics mais qui proposent également une solution qui pourra être portée et déployée par la personne publique. « Notre rôle n’est pas d’accompagner les innovations vendues directement aux familles les plus aisées, ce qui renforcerait encore un peu plus les inégalités entre les élèves, nous cherchons au contraire à valoriser le déploiement des solutions via des acteurs publics comme les collectivités territoriales, ce qui garantit la gratuité ou un prix juste pour les utilisateurs finaux, à savoir les enseignants, les élèves et les familles » précise Vincent Criquebec, chargé d’investissements à la Banques des Territoires. Parmi les exemples de projets qui pourraient entrer dans l’accélérateur, le chargé de projets cite volontiers le projet Mobidys, un genre de Netflix numérique à destination des écoles et des centres médico-sociaux pour rendre la lecture accessible aux élèves dyslexiques.  « Quand on sait que 6% des élèves sont dyslexiques, la solution est réellement d’utilité publique. » précise Vincent Criquebec.

Mobidys, ne fera pas partie de la promotion passerelles, le projet joue déjà dans la cour des grands et vient de boucler sa levée de fonds. L’accélérateur est destiné aux projets matures qui ont déjà défini leur solution, l’ont testée, ont amorcé leur développement mais ont besoin de passer à la vitesse supérieure. Dans le jargon des startups, on parle de scale, de passage à l’échelle. « Tout notre dispositif d’accompagnement est conçu dans cet esprit, explique Mathilde Thorel, directrice des programmes d’accompagnement des entrepreneurs chez makesense. Nous mettons à disposition tout notre savoir faire, nos ressources et notre réseau pour permettre à ces projets de se déployer. » 

Se préparer au grand saut

Concrètement, les 10 entrepreneurs sélectionnés commenceront par une phase d’accompagnement intensif de 6 mois fait de coachings opérationnels, d’ateliers experts autour des problématiques de croissance, de mises en relation avec des partenaires de l’écosystème, de rencontres avec des entrepreneurs EdTech. Les 4 mois suivants, ils bénéficieront d’un suivi stratégique par un comité d’experts qui accompagnera la mise en place de leur plan d’actions au long cours et ils réaliseront leur première mesure d’impact. Enfin, les startups accélérées auront également droit à un accès illimité pendant 12 mois aux ressources, réseaux et formations collectives de makesense.

passerelles, un accélérateur de plus, diront certains. Plutôt un accélérateur avec quelque chose en plus, rétorqueront les protagonistes. En l’occurrence, l’impact, valeur essentielle pour la Banque des territoires comme pour makesense. « L’objectif de makesense est de donner à tous et toutes les moyens d’agir pour créer une société durable et inclusive, rappelle Mathilde. Réinventer l’école pour plus d’inclusion et d’égalité pour les nouvelles générations est pour nous l’un des meilleurs moyens de poser les bases de cette société que nous appelons de nos vœux. » « Si le programme plait aux bénéficiaires, poursuit Vincent, si on réussit à faire émerger des modèles, des produits, des services innovants, si on réussit à décupler leur impact, à réduire la fracture éducative, à développer de la pédagogie innovante, favoriser l’égalité des chances, alors on aura réussi notre pari. » passerelles viserait donc la mention très bien ? Remise des copies fin 2023.

Montez sur la première marche

Vous êtes entrepreneur ou entrepreneuse et avez développé un projet favorisant l’accès à l’éducation de toutes et tous, contribuant à ré-inventer l’école de demain ou accélérant les innovations pédagogiques et les usages numériques, postulez au plus vite sur le site de passerelles.

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