Slow devant ! Voilà l’adage que vous aimeriez bien adopter. Malgré votre volonté de fer de lever le pied, il se retrouve toujours sur l’accélérateur. Comment faire pour ralentir ? Voici quelques conseils à vous appliquer (sur le torse avec douceur).

Dans son discours de Gap en 1936, l’écrivain Paul Gadenne disait : « La plupart des hommes ne supportent ni l’immobilité ni l’attente. Ils ne savent point s’arrêter. Ils vivent mobilisés : mobilisés pour l’action, pour le remuement, pour le plaisir, pour l’honneur. Et pourtant c’est seulement dans les instants où il suspend son geste ou sa parole ou sa marche en avant, que l’homme se sent porté à prendre conscience de soi. Ce sont les moments d’arrêt, les points d’arrêt, les stations, les stationnements qui favorisent le plus en lui l’attention à la vie, qui lui apprennent le plus. » Pas faux Paulo, allez on s’y met.

Jeter l’ancre plusieurs fois dans la journée en se reconnectant à son corps 

Contrairement à notre mental, le corps a cette faculté incroyable de nous réancrer dans un temps « humain », contraint par l’espace- temps, la chair, le poids des organes, vésicule biliaire comprise. Une manière simple de s’exercer à cette reconnexion est de se livrer à une météo de son corps. Il suffit pour cela d’en scanner mentalement chaque partie, d’écouter sa respiration, le battement de son cœur, le tout en fermant les yeux. Ne serait-ce que quelques minutes par jour, ça fait un bien fou et ça permet de remettre les pendules à l’heure (on se comprend). 

Apprendre à renoncer, à dire non

Faire ainsi de la place permet de se rendre plus disponible et de s’octroyer des moments de flottement. Voire de réapprendre à s’ennuyer, activité ô combien subversive de nos jours. Essayez donc de regarder par la fenêtre en n’ayant rien d’autre en tête que d’être à ce moment précis une personne qui regarde par la fenêtre. Bref, regarder ce pigeon mal en point se traîner avec difficulté sur le trottoir est un combat bien plus politique qu’il n’y paraît au premier abord.

Se rappeler que ralentir, c’est résister

Dans une société où « le faire » et le « consommer » – et encore plus le « faire vite » – sont valorisés, ralentir est devenu un acte de résistance. On entend beaucoup dire que la lenteur serait bénéfique car source de performance… Mais a-t-on vraiment envie, si on se pose une sonde quelque part près du cœur, qu’être « performant·e » soit l’objectif de notre vie ? Car si on creuse, tout cela nous ramènerait à l’efficacité, à la vitesse… et BIM, retour à la case départ. 

Méditer et porter une attention accrue sur les choses

Entraîner son attention comme un muscle que les notifications ramollissent. Pour cela, la méditation reste un outil efficace : il existe de nombreuses applications, stages, ateliers qui permettent d’apprendre cette technique millénaire précieuse pour être plus conscient·e·s et moins gourmand·e·s en stimulations externes. 

Déconstruire le mythe de l’humain pressé comme un citron

Noir Désir chantait « Je vais vite, très vite / J’suis une comète humaine universelle / Je traverse le temps » pour caricaturer la posture de l’humain moderne qui passe son temps à courir partout. Réhabilitons plutôt le mythe du flemmard, du pantouflard, de celui qui prend le temps de faire les choses, quitte à s’attirer les foudres de ses contemporains. 

*Extrait du guide des paumé·e·s de makesense, Lucie Chartouny, Aurore Le Bihan. © Editions Marabout, Atelier AAAAA | Illustration © Aurore Carric

Guide des paumé.es

Le guide boussole pour celles et ceux qui ont envie de tout plaquer.

Découvrir