Pendant 300 000 ans, l’espèce humaine a vécu de façon nomade sur le globe. La vie sédentaire, qui commence il y a seulement 10 000 ans dans le Croissant Fertile, n’est qu’une parenthèse récente dont nous ne connaissons pas encore toutes les conséquences… Et si la réponse à nos maux tenait là : un retour à notre nature véritable, avec un rapport plus détaché, plus libre à la terre et la propriété ? En tout cas, c’est cette voie qu’explore le mouvement des habitats légers… On vous explique pourquoi cette tendance séduit de plus en plus, et comment vous lancer si l’aventure vous tente !

Un habitat léger peut prendre de nombreuses formes, dont certaines sont plutôt surprenantes… Ici : un “wigwam perché”.

L’habitat léger : une maison de paille ?

Tout fin lecteur que vous êtes, vous connaissez certainement par cœur le conte des Trois Petits Cochons, dont l’une des morales les plus évidentes pourrait être : n’habitez jamais une maison de paille.

Mais certaines morales vieillissent mal, et les défenseurs de l’habitat léger répondront que certains petits cochons sont simplement de très mauvais ingénieurs. Car il est parfaitement possible, aujourd’hui, de se construire une maison légère et confortable à base de paille ! D’autres sont en bois, en métal, en matériaux modernes… L’important, pour être considéré comme “léger”, c’est que l’habitat remplisse l’une (au moins) de ces trois conditions :

  • Être démontable, par exemple comme une yourte.
  • Être transportable, comme une roulotte ou certaines nano-maisons. 
  • Être biodégradable, comme certaines habitations faites de matériaux naturels (chanvre, sable, terre, etc.)
Une maison en paille… Plus cosy qu’on ne l’eut cru, n’est-ce point ?

Pourquoi choisir l’habitat léger ?

On n’est pas bien, là, derrière nos gros murs de parpaings et de crépis, avec le chauffage et la clim’ à fond ? Hein… Alors pourquoi s’en passer ?

Premier point évident, l’habitat léger permet de se déplacer au besoin… Pour changer d’air, faire des rencontres… Mais aussi pour épouser tous les mouvements de la vie : on n’a pas forcément les mêmes envies, les mêmes besoins à trente qu’à soixante ans. Les enfants naissent, grandissent et partent. La famille grandit ou se resserre. La maison, elle, reste.

Ensuite, les habitats légers sont beaucoup plus accessibles financièrement. Certains projets de nano-maison sont réalisables dès 40 000€, tandis qu’une yourte peut s’acheter en dessous de 10 000€. Bien sûr, c’est encore moins cher quand on décide de faire la construction soi-même !

Enfin, c’est indéniable, l’habitat léger est plus écologique, car plus petit, et moins gourmand en énergie. La philosophie générale consiste à choisir des matériaux biosourcés, locaux, et de viser l’autonomie maximum, par exemple avec des panneaux solaires ou des systèmes de récupération d’eau. De plus, l’habitat léger ne contribue pas à l’artificialisation des sols puisqu’il est toujours réversible.

Certaines nano-maisons revendiquent une architecture hyper-moderne.

Se lancer en trois étapes

L’aventure vous titille ? Alors c’est parti ! Adieu chapes de béton, charpentes, poutres et clôtures ! Vive la vie légère et mobile ! Le chemin de la liberté se trouve ici, balisé par trois étapes :

  1. Former un collectif. Ce peut être votre famille, vos bons amis, des personnes rencontrées spécialement pour l’occasion… L’important, c’est de mener une véritable réflexion sur les attentes de chacun, puis formaliser l’organisation potentielle sur le long terme… Car si tout le monde (ou presque) peut vivre en colocation quelque temps, vivre en communauté s’avère beaucoup plus difficile quand les années passent, que les désirs évoluent, que les enfants naissent et grandissent… Il faut anticiper ! Bien sûr, il est aussi possible de vivre complètement tout seul dans un habitat léger – mais c’est tout de même légèrement âpre…
  2. Choisir un territoire et s’y intégrer. Soit vous trouvez un terrain constructible, et dans ce cas, c’est facile, car depuis 2014, la loi ALUR admet que l’habitat léger puisse être une résidence permanente. Soit vous trouvez une zone agricole, naturelle ou forestière, et dans ce cas, vous aurez besoin de négocier avec les élus pour modifier le plan d’urbanisme et délimiter un STECAL (secteur de taille et capacité d’accueil limitée). C’est une procédure qui demande du temps et de l’argent, mais si la population locale est favorable, tout est possible… Il existe même des villages qui proposent spontanément des terrains pour accueillir des communautés en habitat léger !
  3. Ne reste plus qu’à construire. La plupart des habitats légers peuvent êtres auto-construits – c’est le principe. Le montage d’une Yourte, par exemple, nécessite environ 5h de travail pour 4 personnes, mais ne demande pas de compétences professionnelles. D’autres habitats, comme les nano-maisons, poseront plus de difficultés… Mais si nous vous disions qu’il y avait des gens, là, tout prêts à vous aider ?
La maison flottante… Hyper moderne, hyper classe, et surtout, hyper mobile !

Étape trois-et-demi : se faire aider ?

Se lancer dans l’habitat léger peut faire peur. C’est légitime, car le nomadisme est une petite révolution anthropologique à porter sur son dos. Les proches et la famille n’ont généralement pas d’expérience en la matière – et donc, pas de bons conseils à donner…

Heureusement, il existe au moins une association en France spécialisée sur cette question : Hameaux Légers. Elle fut lancée en 2017 par des élus de Rocles (Ardèche), pour installer de jeunes familles sur un terrain communal. Depuis, l’association a été reprise par des membres et n’a fait que grandir : elle compte à présent une trentaine de membres actifs dans tous les domaines – urbanisme, architecture, comm’, accompagnement de projets… D’un côté, l’association accompagne les communes volontaires pour accueillir des projets de hameaux légers sur leur territoire ; de l’autre, elle accompagne les collectifs de citoyens du début jusqu’à la fin de leurs projets

Que ce soit sur le plan humain (attentes de chacun, attentes du groupe), juridique, administratif, les relations avec les collectivités locales, la construction de l’habitat, la mise en relation avec des artisans… L’équipe de  Hameaux Légers vous suivra durant toutes les étapes. Et ça rassure, il faut dire… 

Car même léger, l’habitat reste une question lourde d’implications. Pour l’individu, comme la société dans son ensemble. 

On est jamais trop savant.

L’habitat léger vous tente mais vous aimeriez en savoir plus ? L’association des Hameaux Légers vous propose un cours en ligne, complètement gratuit et ouvert à tous et toutes ! Les séances commencent à partir du 4 octobre : il suffit de s’inscrire pour y participer.