C’est pas parce que Vueling fait de l’affichage sauvage pour nous inviter à reprendre l’avion qu’il faut monter dans le premier A320. Cet été, c’est l’occasion de tester et d’inventer d’autres types de vacances. Voici quelques idées à picorer entre cacahuètes des Landes et bières de quartier pour commencer à voyager.

Crédit : midnight-trains.com

Adieu vol 747 pour Sydney

En 2021, il est compliqué d’ignorer l’impact de l’avion qui peut, en 8 heures de vol, plomber intégralement notre empreinte carbone. Si on résume, le tourisme, c’est 8% des émissions mondiales de gaz à effet de serre chaque année parmi lesquelles 75% sont liées au transport (21% à l’hébergement). Plusieurs options pour ne pas tout faire exploser : on prend  la voiture (à plein, il faut bien la remplir sinon ça vaut pas), le bus et surtout le train… En Europe, il est possible de voyager en train hyper confortablement si l’on se donne le temps de prendre le temps. Dans les bonnes nouvelles ferroviaires, des coopératives comme Railcoop réhabilitent les lignes oubliées et Midnight trains planche sur un hôtel sur rails. T’imagines on pourra bientôt prendre un train couchette sans avoir à partager l’odeur du sandwich au pâté de son voisin ou le réveil à 3 heures du matin (parce que c’est maintenant que ta voisine descend).

Un aller/retour Lyon- Bangkok émet 4 tonnes de CO2 selon le site Goodplanet, ce qui est 2 fois plus que ton empreinte idéale pour respecter les Accords de Paris.

Les 3 milliards de merveilles du monde

Avoue, y’a pas que le Taj Mahal, le Machu Picchu et le phare d’Alexandrie dans la vie ! Et puis il y a trop de monde, c’est trop loin, trop cher, trop pas écolo. Claude Levis-Straus a dit : « Je hais les voyages et les explorateurs.” On n’est pas obligé d’avoir autant le seum mais on peut essayer de troquer notre statut de touriste pour celui de voyageur et en profiter pour aller découvrir des endroits improbables. Sur le site transiscope tu trouveras plein d’idées pour alter-déconnecter et rencontrer des colibris ou des mésanges punks et peut-être te faire de nouveaux potos pour la rentrée. Tu pourras boire des bières dans des bars associatifs, rencontrer des lamas ou emprunter des jeux improbables dans des ludothèques itinérantes. Le site On est prêt a sélectionné pour toi les événements engagés de l’été, entre festoches et altertours et la Convention citoyenne du climat organise la tournée des tiers-lieux. Tu préfères qu’on te prenne par la main ? Chilowe est l’agence de la micro-aventure qui te propose de vivre des trucs de dingos à deux pas de chez toi genre surftrip en bus aménagé ou 24h de survie près de Paris.

Lance Amstrong et toi

Ça fait un moment que tu en parles et cette année, tu te lances : à toi les vacances à vélo. Sache qu’il existe en Europe une bonne quinzaine de véloroutes : des itinéraires spécialement balisés pour les vélos sur plus de 1 000 kilomètres qui traversent plusieurs pays européens. Tu n’as pas de biclou ? De nombreux organismes peuvent te faciliter la tâche en te louant des vélos à un point de départ puis en prenant en charge leur récupération à un point d’arrivée. Si tu veux discuter de ton projet avec des cyclos (on dit comme ça dans le jargon du pignon), passe des heures sur le site cyclo-camping.international : c’est la Mecque des petits et grands voyageurs à vélo qui se filent les bons tuyaux. C’est là qu’on trouve des plans pour dormir chez l’habitant : les adhérents ouvrent leurs portes aux voyageurs à bicyclette en offrant une douche et un lit (dans le même style, il y a aussi la très chouette initiative warmshowers.org).

Tu aimes les défis plutôt marrants ? Inscris-toi à la Mad Jacques, des courses folles au fin fond de la France  ou à la Cyclaco à mi-chemin entre la course, le jeu de piste et la bonne bouffe. Enfin, qui vélo, dit crevaison, déraillage et patins usés. Avant de partir, inscris-toi à l’un des ateliers vélo de la Fédération des usagers de la bicyclette pour apprendre les rudiments de la mécanique cycliste.

Crédit : greengo.voyage

Logements 3 étoiles pour le climat

Entre l’hôtel éco-bidule et le gîte climat-machin, ça sent l’embrouille bonne conscience à tous les étages et tu ne sais plus trop vers quel gourbi te tourner. Pour reconnaître les hébergements qui ne font pas de mal à la planète, l’Ademe conseille les labels suivants : 

Ecolabel européen. Ce label que l’on trouve sur tout un tas de produits de consommation courante garantit ici que les hôtels sont respectueux de l’environnement, c’est-à-dire qu’ils limitent leur consommation d’eau et d’énergie (50 % de la consommation d’énergie de l’hôtel doit être d’origine renouvelable) et qu’ils réduisent leurs déchets. Par ailleurs, l’utilisation de pesticides dans leurs jardins est interdite.

La Clef Verte. Même topo que l’Ecolabel européen niveau respect de l’eau, de l’énergie et de gestion des déchets. En prime, 5 % de la nourriture servie doivent être d’origine bio ou issus du commerce équitable. C’est pas fou fou, mais un bon début.

Hôtels au Naturel. Pour avoir cette distinction, les hôtels doivent forcément se trouver dans un Parc naturel régional, un bon point parce que c’est souvent très joli. En plus, ils doivent au moins avoir 2 étoiles de la classification hôtelière classique et réduire leur consommation d’eau et d’énergie. 

Pour les plans plus roots, gîtes ou campings, voici les sésames qu’on te recommande :

Gîtes Panda. Issu d’un partenariat entre les parcs nationaux, naturels régionaux et le WWF, le label garantit que les gîtes ou les chambres d’hôte font des efforts sur le plan de la gestion de l’eau, de l’énergie, des produits achetés mais aussi qu’ils mènent des actions en faveur de la biodiversité. Dans chaque gîte, une malle avec plein d’outils pédagogiques permet d’aller découvrir la nature juste à côté.

Écogîte. Dans les écogîtes labellisés, on fait attention aux matériaux de construction, qui doivent être locaux et non polluants. Le chauffage au fioul est proscrit et le tri doit forcément être mis en place.

Green globe. Voilà un label qui marche aussi pour les campings et qui est internationalement reconnu. On se soucie de l’eau, de l’énergie et des produits utilisés jusque dans les piscines. 

Et puis sinon alerte bon plan : Greengo, genre de Airbnb écolo et responsable, sélectionne plein d’idées pour te loger aussi chaleureuses qu’insolites. Attention, ça donne envie de tout tester. 

Crédit : lesothers.com

Et si tu voyageais dans ton salon ?

Tous ces conseils, tu t’en fiches parce que cette année tu fais la grève des vacances. Attends, on a plein d’idées pour toi piochées dans notre guide des paumé·es en page 120 pour voyager dans ton canapé. Tu peux t’évader avec le podcast Les Baladeurs de Camille Juzeau, de la revue The Others, dans lequel sont interviewés des aventuriers de tout poil. On aime particulièrement l’interview du musicien Molécule embarqué sur un bateau de pêche en Bretagne, bravant vents et marées afin d’enregistrer les bruits d’une tempête. Tu peux te  nourrir d’un regard sociologique avec le livre Le Voyageur hypermoderne, partir dans un monde connecté, écrit par Francis Jauréguiberry et Jocelyn Lachance, qui questionnent un nouveau rapport aux voyage à l’heure où nous pouvons garder constamment le contact avec nos proches et trouver le bar le plus proche en un clic.

Une autre idée ? Pourquoi ne pas (re)regarder les émissions de Nus et culottés, ces deux jeunes hommes qui débarquent nus (ou avec à peine une chaste feuille de vigne sur leurs parties) chez des gens qui n’ont rien demandé, avec une quête farfelue et des arguments plutôt béton pour s’incruster chez eux. Nous en tous cas, on ne s’en lasse pas.

On aurait pu ici te parler de crème solaire, de petits plats locaux, de climatisation mais on a une valise à boucler. Allez, n’oublie pas de partager tes bons plans et de nous envoyer une carte postale, on est au 11 rue Biscornet, 75012 Paris. Bonnes vacances !