Voilà sept ans que le concours La France s’engage récompense et accompagne les pépites de l’économie sociale et solidaire. Alors que les finalistes de la session 2021 s’apprêtent à suivre 2 semaines de bootcamp organisé avec makesense, quatre anciens Lauréats ouvrent leur boîte à souvenirs et leur album de famille.

« Aux rencontres d’Arles on m’avait dit : tu vas voir, après ils vont tellement te manquer. » Nadège Passereau, directrice de l’association Agir ensemble pour la santé des femmes (ADSF) se souvient de cette petite phrase lâchée au cours de la rencontre de l’ensemble des Lauréats de l’édition 2017 organisée dans la capitale camarguaise. Le « ils » c’était l’équipe de la France s’engage, initiative qui s’inscrit dans le prolongement du programme de soutien à l’innovation sociale et solidaire initié par François Hollande, alors Président de la République française et transformée en 2017 en fondation reconnue d’utilité publique. « On a été Lauréat en 2017 pour nous aider à essaimer dans une nouvelle région et ouvrir un lieu 24h/24, raconte Nadège. On a reçu 150 000 euros sur 3 ans mais aussi un accompagnement très précieux, tout ce que les associations ne peuvent pas se payer comme l’aide juridique ou la digitalisation de nos services. Et puis on avait le soutien de toute l’équipe de la Fondation pour nous aider à communiquer, pour nous donner de la visibilité. Ce type d’accompagnement est unique. »

Moment échange et création aux Rencontres d’Arles

« Plus qu’un accompagnement, une vraie légitimité »

Passés par la promotion suivante, Les P’tits Doudous dont la mission est d’améliorer l’accueil et le bien-être des enfants opérés par le jeu et le numérique ont quant à eux, pu multiplier par trois leur activité. « Cet accompagnement a tout révolutionné, témoigne la fondatrice Nolwenn Febvre. Ça nous a permis de nous structurer, d’avoir des locaux, de créer 4 postes, de réellement commencer à développer nos projets. » L’infirmière insiste sur l’apport du réseau : « dès que l’on avait une question on pouvait appeler la Fondation qui nous mettait immédiatement en relation avec un mentor. » Parce que l’esprit de la France s’engage est clairement au partage, la fondatrice est aujourd’hui passée de l’autre côté de la barrière. Elle viendra parler changement d’échelle et scalabilité au bootcamp réservé aux finalistes de la promotion 2021. « Ce rendez-vous est une nouveauté, » s’enthousiasme Enora Hamon, directrice générale adjointe de la Fondation. En effet, alors que les 6 éditions précédentes ne proposaient qu’aux seuls Lauréats de se rencontrer, celle-ci, à l’âge de raison souhaite récompenser et valoriser les 56 finalistes- (sur 476 candidatures reçues – en leur faisant vivre une première expérience de la Fondation. « Pendant deux semaines, ils pourront confronter leur projet avec des experts de l’innovation sociale lors d’ateliers dédiés au modèle économique, à l’essaimage et à la mesure d’impact, explique Enora. Ils pourront bénéficier de l’expérience des Lauréats actuels et anciens et des conseils des dirigeants des entreprises partenaires de la France s’engage (Total Energies, BNP Paribas, Andros, Artemis, Groupe la Poste, l’AFD, Banque des Territoires, etc). Ces finalistes sont la crème de la crème de l’ESS, ils méritent bien ce coup de pouce et de projecteur. »

Frédéric Bardeau, président et co-fondateur de Simplon initiative qui forme au numérique les personnes peu ou pas diplômées et accompagne les organisations dans leur transformation digitale interviendra également au bootcamp sur son sujet de prédilection : le numérique. Lui est de la première édition, à l’époque où le concours était un chantier présidentiel. « Najat Vallaud-Belkacem portait le projet, les dossiers étaient directement instruits par les services de l’État, ce n’était pas encore vraiment un concours mais ça a été pour nous le booster initial, ça nous a permis de valider l’idée qu’on était quelque chose qui avait de l’avenir. » Depuis, Frédéric fait partie de la famille. Il a aidé la plupart des Lauréats de toutes les éditions dans leur stratégie numérique et conseillé l’institution au moment du passage en fondation. « La France s’engage, c’est ce qui nous a donné le plus d’élan avec Ashoka», précise le cofondateur. « Gagner le concours, c’est aussi obtenir un label, une sorte de diplôme qui donne aux Lauréats une grande crédibilité », rappelle Enora.

Ils se marièrent et…

Comme dans toutes les réunions de famille, la France s’engage peut se féliciter d’avoir réussi à marier deux de ses Lauréats. En 2015, les associations Passeport Avenir et Frateli montent sur le podium pour des projets très similaires : accompagner des jeunes issus de milieux populaires vers les études supérieures puis des postes à responsabilités. « Avec la France s’engage, on est entré dans un écosystème, témoigne Benjamin Blavier co-fondateur de Passeport Avenir. On a tout de suite le sentiment de faire partie d’un club d’entraide avec des gens qui se reconnaissent entre eux. C’est l’un des rares endroits où l’on peut échanger avec des associations, faire de la transmission et partager des compétences. » Sur le terrain de la rencontre et du partage, la magie du réseau a définitivement opéré pour Benjamin. En 2017, après avoir tenté de développer  leur projet chacune de leurs côtés, les deux associations Passeport Avenir et Frateli ont finalement choisi de fusionner pour devenir Article 1 dont le slogan s’accorde aux convictions de la Fondation : prendre le pouvoir sur l’avenir. 

« Quand on est Lauréat on assiste à une soirée de remise des prix, à un séminaire d’intégration, à des événements tout au long de l’année, webinaires, formations, conférences, précise Enora. Aujourd’hui on a une personne en interne qui s’occupe de l’animation de la communauté et propose un espace digital où Lauréats et alumnis peuvent échanger. Notre projet est de créer une réelle communauté. » Lorsque la France s’engage, ses 181 Lauréats aussi…