Depuis le printemps 2020, l’entrepreneuriat à impact s’invite dans les couloirs de Pôle emploi. Deux agences du Val-de-Marne proposent les programmes sprint de makesense. Objectif ? Permettre à tous et à toutes de se présenter sur la ligne d’un nouveau départ.

La situation touche un peu plus de 8 personnes sur 100 en France. Une période où l’emploi s’arrête pour quelques semaines, pour plusieurs mois.  Une parenthèse où, souvent, le doute et l’énergie s’entremêlent. Bien que fréquemment associé à une période trouble et incertaine, le chômage peut aussi être le bon moment pour se poser des questions décisives pour sa carrière et pour explorer de nouvelles voies pleines d’envie et de sens, rappelle Talia Sarfati, chargée de mission entrepreneur.ses chez makesense.

Oser se lancer

Hiver 2019, deux premières promotions de demandeur.ses d’emploi se mettent dans les starting blocks de l’entrepreneuriat social et environnemental grâce à un partenariat inédit entre l’institution Pôle emploi et l’association makesense. Pendant 8 semaines de formation-action, les participant.es explorent les enjeux environnementaux et sociaux, trouvent ou affinent leur idée de projet entrepreneurial et le challengent au sein d’un groupe d’une quinzaine de personnes bienveillantes et stimulantes. Nous avons lancé ce test avec deux agences de Maison Alfort et Choisy-le-Roi, explique Laurent Mater, chargé de mission à la direction régionale de Pôle emploi. L’idée était d’expérimenter un programme innovant qui permette aux demandeur.ses d’emploi de se lancer dans l’entrepreneuriat à impact.

Pourquoi les accompagnements à l’entrepreneuriat à impact s’adressent la plupart du temps à des hommes blancs sur-diplômés de 30 ans ? C’est en partant de cette problématique que makesense a initié avec Pôle emploi des formations d’un nouveau genre.

Explorer son envie d’entreprendre

C’est bien de s’arrêter de travailler, de se poser la question de ce qu’on veut et ce que l’on ne veut pas mais là ça commençait à faire long, témoigne l’une des participantes Maria Marques. Lorsque j’ai vu ce programme, j’ai foncé. Ce qui m’a intéressée, c’est la thématique de l’entrepreneuriat avec une problématique environnementale et sociale. Mon objectif n’était pas forcément de créer une entreprise mais de voir quels étaient les projets possibles et comment attaquer les problématiques de l’environnement. Même si je n’avais pas vraiment de projet, je me suis dit que je pouvais suivre ce programme, poursuit Aïna Razafindramboa. J’aime cette approche des petits pas.

Certain.es participant.es sont venu.es avec une idée précise dans leurs valises, comme ouvrir un magasin zéro déchet ou créer une structure bien-être pour les publics autistiques. D’autres sont venu.es chercher des outils pour rebondir. Pendant longtemps, dans nos formations, on s’est concentrés sur le projet, raconte Talia. Aujourd’hui on se focalise sur les entrepreneur.ses. En fait, on se dit qu’en accompagnant le changement individuel on permet aussi de faire évoluer la société. 

Redonner le goût d’agir

Pour cette première édition, le programme spécial Pôle emploi s’est appuyé sur tous les outils classiques des formules sprint éprouvés depuis plusieurs années chez makesense – supports pour passer à l’action, échanges entre pairs, émulation collective – et a ajouté quelques ingrédients spécifiques. Nous avons proposé des moments d’introspection, organisé des rencontres dans la vraie vie, poussé l’accompagnement et la dynamique de groupe, explique Talia. Les participant.es se sentaient bien impliqué.es dans une dynamique collective, les personnes ont particulièrement bien travaillé ensemble, témoigne Brigitte Fossier, conseillère référent entreprises dans l’agence de Maison Alfort. Ce qui m’a aidée c’est d’être en groupe, confirme Maria. On avait un agenda à respecter, on se retrouvait pour échanger nos réflexions et obtenir des conseils éclairés de nos pairs, le collectif ça m’a beaucoup boostée. Même son de cloche du côté d’Aïna : le fait de travailler en collectif ça fait du bien. J’ai eu des moments de baisse de motivation mais chaque semaine, lorsque j’échangeais avec mes collègues de promotion, je sortais regonflée.

Après ce test de 8 semaines dans 2 agences du Val-de-Marne, le programme pourrait s’étendre prochainement à toute l’Île-de-France.

Chez Pôle emploi, le sprint se situe entre le développement personnel et la création d’entreprises, résume Brigitte Fossier. Cette expérience a permis de bousculer les bénéficiaires dans le bon sens du terme. En 8 semaines, on a pu observer une évolution significative de la posture  individuelle, constate Talia. Les personnes se sont révélées et sont reparties avec l’envie confirmée de se lancer dans la création d’entreprise ou d’amorcer une reconversion vers un emploi ayant plus de sens.

Et si ce programme, loin de la start-up nation avait un supplément d’âme ? En deux mois, il a permis aux intéressé.es de passer de la prise de conscience à la prise de confiance !