Tu te demandes souvent comment ne pas devenir complètement barjo dans un monde qui perd la boule ? On te propose de prendre ton mental par la main et de l’emmener faire un tour ailleurs. Là où Pascal Praud et les réseaux sociaux ne sont pas.

Cher mental menteux, 

C’est comme ça que t’appellent les québécois, comme ça qu’ils qualifient le mental qui ne s’arrête jamais, cette machine, toi oui, qui occupe mon temps, mon espace et me sollicite en permanence, m’épuise (en opposition au mental créatif qui est celui de notre imagination, celui plus artistique, celui-là on l’aime plus). Bref, je reprends…

Cher mental menteux, 

Oui le cerveau tu es quelqu’un de formidable, oui on peut placer plein de chiffres impressionnants sur toi “cerveau” pour amuser la galerie, oui tes pouvoirs sont encore peu connus d’accord mais mental ment… – c’est un peu long, je vais t’appeler Michel – mais Michel, là je vais justement me concentrer sur tout le reste : moi sauf ma tête. 

Michel, 

Avec toi je passe ma journée à me poser des questions sur l’effondrement, sur les trajectoires envisagées par le GIEC, sur la résilience de nos populations… c’est nécessaire mais ça me rend fou. Folle. Ou triste. Ou en colère. Ou les trois.

Michel, il faut qu’on parle. Ou plutôt non “faut qu’on arrête de se parler”. Je te propose de signer ce contrat et de nous engager tous les deux à le respecter.

Proposition 1 : #lebilan

Au moment où je me glisserai dans mes draps, ce moment béni où tout se calme, où mon seul enjeu est de rester allongé sur mon matelas douillet, à ce moment précis je me poserai désormais la question : “à quel moment mon mental menteux s’est-il mis en veille aujourd’hui ?” “À quel moment Michel est parti ailleurs et m’a laissé tranquille ?” Était-ce en cuisinant de cette tarte tatin aux fenouils ? Était-ce pendant ce foot au five du centre ? Était-ce en écoutant ce nouveau titre de Stromae ? L’utilité ici est au moins de jauger dans quelle mesure vous êtes un ou une cérébrale folle. Et de mesurer au fil des jours les évolutions. 

Proposition 2 : #laterre

Michel, ça tu connais pas bien. Et pourtant c’est un régal pour l’être. C’est simplissime mais ce point-là du contrat est non-négociable. Mettons que j’ai la chance d’avoir un bout de jardin, un parc, une forêt, une rivière, des champs aux alentours, je vais me faire plaisir Michel. J’irai, sans toi, au moins une fois par jour y faire un tour, en marchant, sans téléphone, sans horaire. J’irai pour prendre conscience d’un truc : c’est fou d’avoir du vivant partout autour, des odeurs, des mouvements, des floraisons, des galeries de ver, un vol de hanneton. Pas compliqué mais bordel que c’est bon pour débrancher. 

Proposition 3 : #lerire

Attention, rire c’est sérieux Michel. Une journée sans rire c’est comme un OSS 117 sans Jean Dujardin, ça n’a aucun sens. Voyez vous-même : vous êtes en réunion avec 6 personnes, tout le monde est sous l’eau, tout le monde est un peu tendu, les ordis sont tous ouverts, l’ordre du jour est long et ch… et puis là il y a Anatole, le stagios, qui lit tout haut : “Pour consoler ses militants, Eric Zemmour jette un militant de SOS Racisme dans la foule”. En 12 secondes, le mental menteux, le Michel des 7 participants décroche, on passe à un autre niveau, on s’étire, on se donne une bouffée d’air frais. Merci Anatole, merci le Gorafi. C’est fou ce que ça peut être puissant le rire. Ce point du contrat là est donc de se marrer. Au moins 5 fois et légumes par jour. Allez trois petits conseils rapides : si vous êtes nostalgiques de la présidentielle, parlez-en à Haroun, si vous aimez l’absurde, découvrez un concept qui n’est pas tout récent mais qui est toujours aussi génial : la Bande pas dessinée de Navo. Et enfin si ce n’est toujours pas assez et que vous voulez réellement ne plus réfléchir du tout, écoutez donc le Floodcast. Que du bonheur. Ça va mieux, non ? 

Proposition 4 : #lart 

Bon, là on est d’accord c’est large. L’art-ge. Très bon. Tu as ri Michel ? Non ? C’est dommage. Ici Michel je m’engage solennellement devant toi et la France entière à me nourrir d’autres choses que d’articles et de démonstrations brillantes. Cela ira d’Ibrahim Maalouf qui reprend les chants de Dalida aux créations géniales de Bansky ou à la danse (allez voir absolument “En Corps” de Cédric Klapisch, un film qui donne envie de vivre, de danser, etc). Bref. Je me rends compte à ce stade du contrat que commencer une liste abordant le thème de “l’art” c’est un peu… présomptueux. Je m’arrête donc, mal à l’aise. 

Proposition 5 : #le corps

Je vous parlais de danse il y a un instant, mais je mets ici tout ce qui nous rappelle l’incroyable faculté de se mouvoir, de créer, de prendre soin, de respirer, d’être en harmonie. Allez écouter un coup Arouna Lipschitz qui en parle bien. Allez faire une séance de yoga. Ou de Qoya vous connaissez ? 

Je soussigné “moi” déclare que ces 5 propositions prendront effet à cet instant même. À bientôt Michel et merci de ta compréhension.

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