Ce sont nos voisins et voisines de la rue. On les voit tous les jours sans vraiment savoir comment les aborder ni créer des liens. Usman Ishaq, directeur adjoint de l’association La Chorba nous donne quelques conseils pour que la connivence remplace l’indifférence.

© La Chorba

1. Se mettre en condition

Parler à une personne inconnue qu’elle soit sans-abri ou non demande un certain état d’esprit. Tout le monde n’est pas familier avec cela. Il faut se sentir disponible, à l’écoute, en avoir envie et quand on sent que c’est le moment, se lancer.

2. Commencer simplement

Les personnes de la rue sont avant tout des personnes, restez simples et utilisez les mêmes codes qu’avec votre boulangère. Commencez par dire bonjour pour casser la vitre de l’inconnu. Souriez aussi. Ça peut paraître un peu naïf comme conseil mais on sous-estime le poids d’un sourire. Les personnes sans-abri n’en reçoivent pas toute la journée, loin de là.

3. Trouver un prétexte à la discussion

Vous avez réussi à créer un premier contact en saluant la personne tous les jours. Observez son environnement pour pousser plus loin la relation. Demandez-lui de vous rendre un service : vous donner l’heure, vous indiquer le métro… Repérez ce qu’elle a autour d’elle et servez-vous en comme un prétexte pour poursuivre la discussion : posez-lui des questions sur le livre à côté d’elle, sur son chien, son instrument de musique… Prévoyez un peu de temps, ne soyez pas pressé.e. Terminez par vous présenter et par demander à la personne son prénom. Le lendemain, vous pourrez lui dire bonjour Martin ou Françoise, ça change tout ! 

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4. Recueillir les besoins

Acheter un sandwich à une personne qui n’a pas faim, apporter un manteau à quelqu’un.e qui n’a pas froid, on peut parfois penser bien faire et tomber à côté de la plaque. La chose la plus simple est de poser la question : de quoi avez-vous besoin ? Qu’est-ce qui vous ferait plaisir ? Vous pourrez tantôt y répondre quand il s’agit d’un peu de monnaie ou de quelque chose à manger, tantôt l’aiguiller sur des services portés par des professionnels. Le soliguide est une mine ! Il rassemble tous les services, initiatives et ressources géolocalisés pour les personnes en difficulté. Consultez-le avec la personne sans-abri pour bien l’aiguiller.

5. Ne pas culpabiliser

Une personne qui est à la rue doit affronter beaucoup de choses difficiles que vous ne pourrez pas toutes régler. Il existe des professionnels pour cela. Aussi, ne culpabilisez pas de ne pas donner 2 euros tous les jours, de ne pas inviter la personne à venir dormir chez vous… Ne promettez jamais quelque chose que vous n’êtes pas sûr.e de tenir au risque de casser les liens de confiance que vous aurez établis mais réjouissez-vous de ce que vous apportez déjà à votre échelle. Ne demandez pas la lune, vos petites actions quotidiennes sont déjà de vrais rayons de soleil !

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