Quelles sont les personnalités qui nous inspirent chez makesense ? Qui sont ces penseur.ses, philosophes, artistes qui façonnent notre ADN sans le savoir ? Nous avons demandé à 10 membres de l’équipe de balancer leurs cadors.

Chez makesense, nous sommes des faiseurs. Ce qui ne veut pas dire que notre action est “hors-sol” : elle s’ancre dans une réflexion qui nous pousse à des remises en questions, parfois inconfortables, souvent nécessaires. Nous nous nourrissons de nombreuses influences, allant du dernier auteur donttoutlemondeparle aux pop stars internationalement reconnues. Inévitablement, leurs pensées infusent avant de s’inviter à notre table, au déjeuner lors de débats enflammés ou lorsqu’on discute au sein de nos équipes de visions ou de raisons d’être pour une société durable et inclusive…

#1 Olympe et l’essayiste militante Corinne Morel-Darleux

Dans son essai “Plutôt couler en beauté que flotter sans grâce”, la militante écosocialiste Corinne Morel-Darleux tisse ses “réflexions sur l’effondrement et imagine des alternatives concrètes pour le futur proche de nos sociétés. Sous la menace d’une crise écologique (déjà largement visible), pourquoi ne pas redéfinir les schémas personnels et les systèmes collectifs hérités de “l’ancien monde” pour y intégrer davantage de sobriété, de résilience et de solidarité ?

Corinne Morel-Darleux et moi

En s’appuyant sur l’histoire vécue et les textes du navigateur Bernard Moitessier, Corinne Morel-Darleux évoque notamment une notion qui m’a beaucoup marquée, le “refus de parvenir” : “Le navigateur a choisi de ne pas rentrer, de ne pas remporter cette course mais de poursuivre jusqu’au Pacifique, jusqu’à Papeete. Il dira, pour expliquer son acte : « J’avais envie d’aller là où les choses sont simples. »”

Corinne Morel-Darleux et makesense 

Le “refus de parvenir”, par opposition à des modèles de réussite prédéterminés puis intériorisés par des générations d’individus, est un grain de sable dans le mécanisme des normes sociales. Si les rêves de consommation, les “bullshit jobs”, la surexploitation des ressources au nom de besoins artificiels ou encore les familles “Nutella” ne nous correspondent plus, à nous de reconstruire les récits qui permettront l’émergence d’une autre aventure pour l’humanité. Cette invitation à la liberté résonne pour moi avec la raison d’être de makesense, qui a pour mission d’inspirer et d’accompagner citoyen.nes, entrepreneur.ses et organisations à créer ensemble une société inclusive et durable. Refuser les injonctions du capitalisme et de l’individualisme, c’est entrer en résistance : ce point de départ nous ouvre un immense champ des possibles pour réinventer nos collaborations et nos modes d’action directe, à la croisée de l’écologie personnelle, des communautés à impact et de la réflexion écosystémique.

#2 Vianney et la théologienne Marion Muller-Colard

Marion Muller-Colard est une théologienne protestante et écrivaine française, née à Marseille en 1978. Elle écrit des choses passionnantes, assez atypiques dans notre monde engagé, parce qu’à la croisée de plusieurs mondes, spirituel et politique. Elle est notamment membre du Comité consultatif national d’éthique pour les sciences de la vie et de la santé depuis 2017.

Pour Marion, tout est une histoire de tension, d’intranquillité. Qu’il ne faut pas fuir, pas résoudre, mais accepter. Tension entre mon pôle actif, mon action publique, politique, concrète dans le monde et mon pôle contemplatif, mon ressourcement intérieur, spirituel. Marion parle de Dieu et de politique. De permaculture et de comité consultatif. De rencontres amoureuses et d’inconnus. De risque. Du risque de la rencontre dans tous les sens du terme. Des mondes qui s’entremêlent par petits électrochocs.

Marion Muller-Colard et moi 

Dans cette phrase : “l’urgence requiert une lenteur concentrée”, tout y est. Je vis dans un monde où tout me pousse à paniquer, courir, rien piger, frénétiser. Et Marion me rappelle en quelques mots l’essentiel. L’urgence, oui, elle est là. La tension, oui, elle me rappelle qu’il y a un enjeu d’équilibrer les choses, de peser le pour et le contre. Mais la lenteur. La patience. L’humilité. Tout ça est au moins aussi important si l’on veut que notre action politique soit juste. 

Marion Muller-Colard et makesense

Cette autrice fan d’Hannah Arendt nous invite à nous poser la question de notre culture régénératrice, de notre rapport au temps, de la justesse de notre action. Le monde engagé se crame vite parce qu’il n’a pas de lieu où aller puiser de l’énergie, de nouvelles idées. On a besoin de rentrer en nous pour mieux écouter, mieux comprendre là où est notre rôle en tant qu’individu mais aussi en tant qu’organisation.

#3 Aurore et l’essayiste féministe Mona Chollet

Mona Chollet est une essayiste française qui s’est fait connaître grâce à des livres comme “La Tyrannie de la Réalité”, “Chez Soi” ou “Sorcières”. Sa force est de s’attaquer à des impensés : le mythe de la sorcière, l’espace du “privé” et l’intimité, la “réalité”. Sa recette ? 

  1. Partir de son ressenti personnel, pour incarner ce qu’elle prône :  utiliser son “je” pour montrer l’impossibilité d’un monde qui serait complètement objectivé (coucou Descartes). Sans réfuter l’importance des sciences, elle invite à réinjecter des émotions et de la subjectivité là-dedans.  
  2. Faire des ponts entre la philosophie, la sociologie et à la pop-culture (on ne compte pas les références aux séries ou à la télé-réalité) pour déconstruire brique par brique des idées reçues. Elle s’assume casanière, et réhabilite les rêveurs, les poètes, les hurluberlus, dans une société ou le “faire” est survalorisé.

Mona Chollet et moi

J’adore quand les autrices se mouillent et partent de leur intériorité pour nous raconter des concepts plutôt abscons comme “le réel”.  Elle le fait avec brio, en partageant ses références personnelles, que ce soit des philosophes obscurs suédois ou des personnages de séries populaires comme Ally McBeal. En reliant et faisant les bons ponts entre les disciplines avec son cerveau surpuissant, elle arrive à faire émerger des idées vraiment novatrices. 

Mona Chollet et makesense

Chez makesense, nous nous attaquons aussi à la déconstruction des idées reçues, notamment à travers le programme la Brèche : celui du travail (dont elle parle dans Chez-soi et dans la Tyrannie de la réalité), celui des schémas de domination, mais aussi à notre manière d’habiter le monde.

#4 Blanche et l’écrivaine engagée Joanna Macy

Joanna Macy part du constat que l’écosystème terrestre est en danger (menace nucléaire, disparition des espèces, réchauffement climatique, etc.) et que la majorité des personnes semblent y rester indifférentes. Pour l’autrice, cette indifférence est l’expression d’un refoulement, d’une mise à distance de l’empathie pour se protéger de la dureté des événements. Elle a créé la méthode du Travail qui relie pour permettre de se reconnecter émotionnellement à la communauté du vivant dans sa globalité, en surmontant le désespoir et la tentation du déni face à l’avenir. Comment ? En se mettant en action pour guérir le monde. Pour cela, elle propose 4 grandes étapes : 1. s’enraciner dans la gratitude ; 2. honorer sa peine pour le monde ; 3. changer de regardt ; 4. aller de l’avant en entrant dans l’action.

Joanny Macy et moi

Ce qui m’a touchée c’est que l’autrice part du principe que la peine que l’on ressent pour la planète est un deuil écrasant qui est porté par chaque individu. Je me suis sentie moins seule à l’idée que de nombreuses autres personnes étaient aussi attristées devant le vivant qui se meurt.

J’aime aussi le fait qu’elle utilise le lien comme vecteur de réengagement et d’action. Joanna parle des différentes peurs qui nous figent : la peur de souffrir, d’être morbide, de provoquer des catastrophes, de paraître trop émotif.ve, impuissant.e. Elle encourage à traverser ce désespoir ensemble, de manière collective à se connecter au vivant.

Joanna Macy et makesense

Joanna nourrit la vision de makesense dans son guide en expliquant pourquoi en décomposant chaque peur, on peut les dépasser plus facilement. Elle pense qu’appartenir à une communauté permet d’avancer ensemble sur ses peurs, et donc de lever les freins et passer à l’action. Elle propose aussi de s’enraciner dans des émotions positives, plutôt que dans l’angoisse. Deux choses que l’on retrouve  dans l’ADN de makesense (sans verser dans le positivisme à tout prix). 

#5 Victor et la pop-star Stefani Germanotta, a.k.a. Lady Gaga

Cette chanteuse américaine fait un travail dingue de philanthropie et d’influence (et je ne parle pas des 40 cm de talon qu’elle porte sans sourciller) pour le bien commun. Parce que Gaga chante avant tout, j’aimerais résumer sa pensée en quelque chansons :

  • Born This Way, Hair : je suis libre et j’ai de la valeur dans mon authenticité, peu importe ma couleur, ma sexualité, ma religion, mon genre ou mes différences.
  • 911, Replay : il y a trop de tabou autour de la santé mentale, nous sommes beaucoup à avoir des traumas, parlons-en.
  • Til It Happens To You : les campus pullulent de viols et de harcèlements, mettons-y fin et accompagnons nos jeunes victimes.
  • Free Woman : je suis une femme, je suis forte, je mérite d’être là où je suis aujourd’hui, et je ne me définis pas par la personne avec qui je partage ma vie.

Son engagement ne s’arrête pas là avec la récente utilisation de ses réseaux pour le mouvement Black Lives Matter ou pour réduire le taux d’abstention aux présidentielles américaines.

Lady Gaga et moi

Pour moi, Gaga c’est l’histoire d’une icône de la pop qu’on a plus souvent retenue pour sa robe en viande que pour son talent ou pour les milliers de vies qu’elle a sauvées, dont la mienne.

C’est la première personne qui m’a dit à travers sa musique que j’avais le droit d’être qui je voulais, que je n’étais pas seul, et qu’il fallait que je me batte pour mes droits. C’est Gaga qui m’a fait mettre un bien dans l’engagement : d’abord pour moi, puis pour les autres !

Lady Gaga et makesense

Dans une interview à propos de son dernier album Chromatica, Gaga disait : “Je considère vraiment ma carrière comme une rébellion contre toutes les choses dans le monde que je considère comme méchantes. La gentillesse guérit le monde. La gentillesse guérit les gens. C’est ce qui nous rassemble – c’est ce qui nous maintient en bonne santé.” Ce que j’y lis, c’est un combat pour construire une société durable et inclusive (raison d’être de makesense) en passant par son art et son influence.

#6 Maud et la danseuse historienne Lena Blou

Lena Blou est danseuse et historienne guadeloupéenne. Elle a étudié pendant 15 ans la danse traditionnelle du gw-ka. Pour elle, la danse est la « parole inaudible de la force cachée d’un peuple. C’est une danse qui paraît déstructurée, un peu comme une danse de bourré.e : ça trébuche sans cesse, s’accélère, s’arrête, repart de plus belle, frénétiquement. Quand elle a commencé à donner des noms à des mouvements, elle s’est rendue compte qu’il y avait un mouvement récurrent où le danseur trébuche, et il y a une expression populaire quand on trébuche qui est “bigidi”.

En étudiant ce déséquilibre permanent du danseur, Léna blou s’est rendue compte qu’il était en constante adaptation. C’est une métaphore de la Guadeloupe, où tout vacille constamment avec les catastrophes comme les ouragans, ou d’autres crises que les habitants “dansent”. L’équilibre, là-bas c’est une permanente adaptation, où rien n’est figé, où tout doit être sans cesse réinventé.

Lena Blou et moi 

J’ai connu cette danse lors d’une d’une formation-action Mouv’Outremer grâce à un adjoint au maire de la commune de Fonds Saint-Denis qui essaie de mettre ça en place. Sa question que j’ai trouvée très pertinente : pourquoi doit-on être toujours dans l’innovation alors que nos ancêtres avaient déjà plein de réponses pour s’adapter au monde actuel ? On a souvent envie d’avoir une solution parfaite et d’avancer. On veut aller droit au but et vite. On ressent l’urgence et on veut se presser pour résoudre les problèmes.

Lena Blou et makesense 

Cette danse est matière à nourrir la vision de makesense des territoires, à ne pas penser des solutions globales et les envisager locales. La danse et le corps peuvent être remis au cœur de cette démarche, d’autant que notre cerveau apporte parfois des solutions fallacieuses, déjà pensées et peu adaptées. J’aimerais qu’on essaie d’arrêter de penser avec la tête et d’écouter plus ce qui est dit par son cœur et son corps. 

#7 Lucie et la philosophe Hannah Arendt

Hannah Arendt est une journaliste et philosophe décédée en 1975. Sa vie a été marquée par l’exil et le totalitarisme : d’origine juive allemande, elle a fui l’Allemagne nazie puis l’Europe pour les États-Unis. Elle a tiré de ses expériences, de son intelligence et ses intuitions hors normes une philosophie politique géniale.

Hannah Arendt décrit dans son livre Condition de l’homme moderne (1958) trois activités qui composent une “vie active” : le travail, l’œuvre et l’action. Elle dénonce la place omniprésente du travail  dans la société moderne alors qu’il ne sert qu’à produire des choses sans fin qui vont être immédiatement consommées. Elle décrit l’œuvre comme la capacité à fabriquer des objets durables. 

Mais ce qui l’intéresse, la fulltimeuse Hannah Arendt, c’est L’ACTION.

L’action équivaut grosso modo à l’engagement des citoyen.nes dans la vie de la cité (comme on l’imagine nous dans la Grèce Antique). L’action…

  • Crée un monde commun entre les hommes (là où le travail et l’œuvre nous isolent). C’est la seule activité qui nous permet de faire exister un domaine public.
  • passe par l’apparition de soi devant les autres : on agit lorsqu’on prend la parole en public, que le regard des autres se pose sur nous !

Le problème, c’est que l’action est mise au placard par notre société qui a mis le travail au cœur de tout. Et c’est encore plus dangereux selon Arendt quand notre société est une société de travailleur.ses… sans travail !

Hannah Arendt et moi 

J’aime quand Hannah dit : rassemblons-nous autour d’une table ! Vos amis vous regardaient avec des gros yeux lorsqu’ils découvraient que votre association avait pour objectif de faire prendre l’apéro aux gens ? Vous lisiez dans leur regard que c’est bien, mais après ? Répondez en citant Arendt :

« Que l’on accorde seulement à dix d’entre nous la possibilité de s’asseoir autour d’une table, chacun exprimant son opinion et chacun écoutant celle des autres, alors, de cet échange d’opinions, une opinion forgée rationnellement pourra se dégager. (…) Le monde commun prend fin lorsqu’on ne le voit que sous un aspect, lorsqu’il n’a le droit de se présenter que dans une seule perspective »

Hannah Arrendt et makesense

Lorsque je lis Arendt, je fais beaucoup de liens entre ce qu’elle dit sur l’action et la vision de makesense de l’engagement. Et je trouve ça dingue toutes les similitudes ! C’est normal que cela ne soit pas si simple d’engager, et que cela ne marche pas à tous les coups. Pour Arendt, ce qui compte dans l’action c’est de commencer. De lancer une initiative et d’être créatif.ve (à nous les post it.) L’action est irréversible, si on commence il y aura forcément un avant et un après la tentative, même si ca foire derrière. Il faut y aller ! De toute façon on ne sait jamais ce que ca va donner, car l’autre versant de l’action c’est qu’elle est imprévisible.

#8 Tinou et le philosophe Ivan Illich

Ivan Illich (1926-2002) est un philosophe qui a beaucoup interrogé notre rapport à la technique. Aujourd’hui, ce dernier est préoccupant car on s’est rendu collectivement et individuellement dépendants de technologies qu’on ne sait pas utiliser ou bidouiller nous-mêmes. Nous subirions en réalité le projet politique des personnes qui maîtrisent cette technique. Sous réserve de promouvoir le progrès, ces techniques vont surtout servir l’intérêt de certaines personnes, celleux qui vont en faire du profit et celleux qui vont en bénéficier. Mais il y a toute une part de la population qui en pâtit ou n’en bénéficie pas du tout.

L’auteur propose une technique conviviale, une technique à la portée de tous et toutes, que chacun.e peut décider d’utiliser, ou pas. Par exemple, la voiture semble libératrice, mais, en réalité, elle nous ralentit et nous asservit aussi, car on ne compte pas le temps passé à travailler pour payer l’essence, les réparations… Ilan Illich propose donc une prise de recul et des questions : utiliser des outils, oui, mais pour quoi faire ? Aller plus vite, mais pour aller où ? C’est remettre la politique en centre du débat, car tout est politique et la technique neutre n’existerait pas. Utiliser la voiture, la 5G devraient être des choix citoyens et non des choix mis dans les mains de certaines personnes.

Ivan Illich et moi 

Ca me fait rigoler car je me suis longtemps moquée de ma mère technophobe et aujourd’hui je me rends compte que si tu n’as pas de smartphone tu ne peux pas acheter de billets de train, accéder à ta banque, tu es exclu.e de nombreuses conversations. On est en train de fabriquer une machine inhumaine, orwellienne où l’on laisse sur le côté de plus en plus de personnes, dont mes parents.

Ivan Illich et makesense

Chez makesense, on est motivé.es pour construire des sociétés inclusives et durables. Pas pour utiliser l’AI coûte que coûte. La technique doit être au service d’un projet humaniste. Et comme on ne met pas la charrue avant les bœufs, il me semble important de ne pas mettre les outils avant la finalité. 

#9 Sabrina et l’artiste engagé Krzysztof Wodiczko

Cet artiste polonais, pas aussi reconnu que Marine Ibrahimovic, qui reste une figure importante de l’art contemporain. Ses deux spécialités sont des montages vidéos dans l’espace public, sur des monuments, ou des interventions directes avec des personnes qui en sont exclues comme les sans-abri. Il a réalisé des maisons portables, des refuges à construire et déconstruire, pour les rendre visibles et les protéger (dans les années 6, il n’y avait pas plus invisible qu’un SDF à New York). Son art est une esthétique de l’action, à la fois politique, militante, sociale, qui donne à voir des enjeux de société. 

Krzysztof Wodiczko et moi

Krzysztof est devenu mon directeur de master en sciences politiques. Comme quoi, la vie crée des surprises et de belles rencontres ! Je suis allée le voir à son bureau parce que j’avais des questions. L’artiste m’a regardée avec un air désespéré et m’a dit : “tu es jeune, tu es dans une bonne université, va donc faire quelque chose utile de ta vie avec tous les moyens dont tu disposes. Blablater sur ta thèse de Master : on s’en fiche. Tu pourrais voir un impact même modeste sur le monde qui t’entoure”. Ca a été un déclic dans ma vie. 

Krzysztof Wodiczko et makesense

C’est une personne qui transmet ses valeurs à travers ses actions, qui sont des œuvres vivantes, humaines. C’est grâce à sa manière d’intervenir et d’habiter le monde, que mon goût de l’action s’est développé, pour une radicalité non pas agressive mais affirmée. C’est quelque chose que je retrouve dans l’ADN de makesense. 

#10 Hélène et l’activiste Rob Hopkins

Rob Hopkins, c’est l’activiste au sourire communicatif, le gars qui te refait un plein d’optimisme gratis quand tu penses que tout est définitivement foutu. On le retrouve au début du film Demain pour parler du mouvement de la transition qu’il a lancé en 2006 dans sa ville de Totnes en Angleterre et qui a essaimé partout dans le monde. Rob a tout fait et c’est ce qui le rend aussi crédible. Il cumule les expériences dans l’éducation, l’enseignement de la permaculture et de la construction naturelle. Il donne des conférences et écrit beaucoup sur la transition en s’appuyant chaque fois sur des exemples concrets qui mettent le changement à notre portée. Son dernier livre  “Et si… Libérez notre imagination pour créer le futur que nous voulons” convoque la créativité pour changer le monde.

Rob et moi

J’ai eu la chance de rencontrer Rob Hopkins il y a quelques années et son côté solaire m’a tout de suite embarquée du côté de la positivité. Il n’est ni naïf, ni collapso mais entièrement tourné vers l’action. Pour lui, “il ne s’agit pas de créer un avenir parfait, utopique mais un avenir qui reconnaît les limites imposées par les circonstances comme des opportunités à saisir et qui y répond avec de l’imagination et de la considération pour que tout finisse bien.” De toutes les incantations écolos, c’est sans doute celle dans laquelle je me reconnais le plus.

Rob Hopkins et makesense

Notre créativité devrait être vigoureuse en bien entraînée, elle est à l’inverse flasque et molle”, écrit Rob. Cela nous parle directement chez makesense, nous les entraineur.ses de l’imagination, les coach.es du passage à l’action. Tous nos dispositifs ne cherchent pas à écrire l’avenir mais à inspirer et outiller l’ensemble des protagonistes pour que chacun.e puisse l’inventer et le créer.  Comme Rob, nous pensons que « personne ne peut nous empêcher d’imaginer un autre avenir, un avenir qui s’éloigne du désastreux cataclysme des conflits violents, des divisions haineuses, de la pauvreté et de la souffrance. » Depuis 10 ans c’est d’ailleurs, ce à quoi nous nous employons quotidiennement.